On entend beaucoup parler de vivre slow et en pleine conscience de nos jours. Peut-être en réponse au rythme infernal qui guide nos vies? Ou à un désir bien plus intrinsèque de simplement revenir à une vie plus douce, où la sur-connexion fait place à la présence, où la sur-productivité fait place à la simplicité, où la sur-consommation fait place au contentement. Peu importe la raison qui te guide vers une façon de vivre en slow, elle est valide, et elle se doit d’être explorée.
Pas parce que c’est à la mode, ou que c’est plus instagrammable, mais parce que cette façon de vivre a la possibilité d’améliorer ta vie entière. Elle peut te ramener à toi et à ta vraie nature de femme sensible et consciente. Elle peut te montrer un meilleur chemin que celui sur lequel tu marches peut-être présentement : un chemin vers une vie qui reflète tes valeurs de coeur et tes convictions.
Personnellement, sans même le savoir, j’ai entrepris un virage dans ma vie personnelle et professionnelle vers un rythme plus lent et plus conscient il y a de nombreuses années. Je dis sans même le savoir parce que je n’étais pas au courant que c’était une mode à l’époque.
Je sentais simplement que j’en avais assez de courir après tout et rien à la fois, que je ressentais un besoin de me réapproprier mon temps et ce que j’en faisais, que j’étais épuisée de jamais me sentir assez. Et c’est en expérimentant cette vie plus lente, plus présente et plus simple que j’ai découvert naturellement l’idéologie de la pleine conscience et du slow living.

Encore une fois, c’est devenir végane qui m’a ouvert aux autres courants de pensées et façons de vivre qui défiaient la norme, comme la vie slow, la vie minimaliste et la vie en saisons. C’est de vouloir chercher de nouvelles façons d’être et de vivre ma vie, qui me ressemblaient davantage que tout ce qu’on m’avait imposée jusqu’alors, qui m’a sauvée, littéralement.
Avant cela, j’étais une âme en peine qui cherchait désespérément comment être heureuse en regardant à l’extérieur et qui désirait profondément trouver un sens à son existence. Si tu désires en savoir plus sur ce sujet, je t’invite à lire l’article ici.
Mais revenons-en à nos moutons, la vie en slow. Comme je le disais plus haut dans le texte, plutôt que de suivre la mode et suivre le courant de la pleine conscience, j’ai développé ma propre façon de vivre en slow. Et c’est ce que je désire te partager à travers cet article. Une façon plus slow, plus présente, plus consciente et plus simple de vivre sa vie.
Embrasser le vivre slow
Pour bien résumer l’idée derrière la vie slow : remodeler sa vie de façon à ce qu’elle reflète ses besoins, ses valeurs et ses convictions, dans un rythme adapté à soi, en priorisant la présence, la simplicité et la reconnexion.
Mais encore plus profondément que cela, c’est de reconnaître qu’on cultive un désir de moins, mais mieux. De se donner la permission de ralentir en cessant de courir après tout ce qui nous promet de rendre notre vie meilleure, plus ci ou plus ça.
Au contraire, c’est revenir à l’essentiel, revenir à la base et reconstruire sa vie à partir du sentiment qu’on est déjà assez, et que notre vie est déjà assez, même si elle ne correspond pas à notre vie de rêves, même si elle n’est pas parfaite, même si elle a besoin de certains changements pour nous rendre heureuse.
C’est plutôt de l’accepter telle qu’elle est, parce que c’est la seule vie qu’on a aujourd’hui. Qu’on en aura pas d’autre. Alors faisons de notre mieux pour l’apprécier et la reconnaître pour tout ce qu’elle nous offre déjà, tout en apprenant à la modeler de façon à ce qu’elle reflète de plus en plus nos valeurs et désirs du coeur.

Les principes phares d’une vie slow
Moins mais mieux
Cultiver un esprit de contentement et de simplicité. Accepter de chercher à accomplir moins de projets, poursuivre moins d’objectifs, chérir moins de rêves. Pas dans l’idée de cesser d’évoluer ou de vouloir moins juste pour vouloir moins.
Plutôt dans l’idée que moins j’en ai, plus je peux en profiter. Moins j’ai à entretenir, plus je peux être présente. Moins j’ai de relations, plus je peux offrir la meilleure version de moi à ces relations et ainsi bâtir des relations sincères. Moins d’objets, mais des objets plus durables qui nous rendent heureux, moins de projets, mais des projets qui nous énergisent, moins de voyages, mais des voyagent qui restent en nous à jamais, moins de vêtements, mais des vêtements qui nous permettent d’exprimer notre différence, moins de sorties, mais des activités à la maison qui supportent notre rythme et nos besoins.
En bref, moins du superflu, mais mieux de l’essentiel.
Et j’aimerais ajouter moins de choix, donc plus de liberté. On a tendance à penser qu’avoir moins de choix, c’est nous limiter dans nos possibilités. Alors qu’au contraire, il a été prouvé qu’avoir trop de choix peut nous paralyser dans l’analyse de ces choix. On fige. On stoppe. On cesse d’avancer. Pas parce qu’on a peur, mais parce que on a peur de vivre du regret en faisant un choix qui ne nous satisfera pas à long terme.
On appelle ça la peur de l’insatisfaction post décisionnelle. Le cerveau ayant du mal à traiter toutes les options disponibles quand on a trop de choix, il craint de faire le mauvais choix. Ainsi, la surcharge présente quand on se retrouve devant trop de possibilités augmente notre niveau de stress et d’anxiété, nous amenant à rester dans notre zone de confort et à faire du surplace.
C’est donc en connaissant nos valeurs, nos convictions et nos désirs sincères qu’on arrive à faire des choix en conscience de qui nous sommes et de ce qui nous nourrit profondément. Lorsque nos valeurs de coeur sont identifiées et guident notre vie, il devient plus facile d’avancer, parce qu’on se retrouve devant un éventail de choix moins grand et on peut ainsi plus facilement savoir que les choix qu’on fera, seront les bons.
Quand on est végane, minimaliste et adeptes du slow living, les choix se raréfient. Non pas pour nous limiter, mais plutôt mieux nous guider dans un éventail de choix qui est devenu, à mon avis, beaucoup trop étourdissant.

Exemple personnel avec le sport
J’adore jouer au pickle ball, mais quand j’ai une soirée prévue pour jouer, je sais déjà que cette activité remplira une bonne partie de ma soirée, me demandera beaucoup d’énergie physique et sociale, donc je m’organise en conséquence pour profiter encore mieux de cette activité. Je m’assure d’avoir un souper prêt rapidement, que les tâches de la soirée soient faites avant que je parte, et j’accepte à l’avance que cette soirée sera dédiée presque entièrement à cette activité. J’en ferai moins, mais je serai fière d’avoir honoré mon besoin de bouger, ma valeur de la santé, et ma relation avec mon amoureux.
Ainsi, j’accepte de lâcher prise sur tout le reste, toutes les tâches que j’aurais pu accomplir dans ma to-do liste parce que je sais à l’intérieur que je serai plus énergisée, plus épanouie, plus heureuse et plus légère après avoir choisi de donner mon temps à cette activité.
C’est d’en faire moins, mais mieux (plus aligné à moi), c’est de revenir à mes non-négotiables, c’est de laisser aller d’autres sports que j’aurais aimé explorer, pour choisir le pickle ball et développer une routine saine et stable face à ce sport et bien sûr, ma santé. C’est de créer des sytèmes (on les verra plus bas) qui supporteront cette soirée hebdomadaire de façon à me permettre de la vivre en pleine présence, en paix et en douceur.
En sachant que le reste est bien géré et que je peux me permettre cette soirée à ne penser qu’à jouer et prendre soin de moi, je serai davantage heureuse et fière de moi. Non seulement parce que je me dédie une soirée par semaine pour ma santé, mais aussi parce que j’aurai choisi moins mais mieux, un sport plutôt que trois.
Prises de conscience personnelles
En choisissant de vivre ainsi, j’ai reconnu que j’avais besoin de beaucoup de temps pour moi afin de nourrir ma créativité et la laisser s’exprimer pleinement à travers différents projets. Ce dont j’étais inconsciente avant parce que je n’avais même pas l’espace mental pour y réfléchir.
De plus, j’ai reconnu que j’avais besoin de beaucoup de temps en nature, chaque jour, pour nourrir mon besoin de déconnexion et de reconnexion à la forêt et aux animaux. J’ai donc pu adapter ma vie en conséquence. Prioriser ce besoin plutôt qu’un autre, dire non à d’autres activités pour m’offrir ce temps en nature. Moins d’autres choses, pour mieux de cela.
Finalement, j’ai reconnu que j’étais beaucoup plus heureuse dans mon sanctuaire, ma maison plutôt qu’à l’extérieur, j’ai donc commencé à dire non plus souvent à des invitations, j’ai dit oui seulement à celles qui me donnaient de l’énergie et qui me permettaient de connecter avec les gens que j’aime profondément. J’ai laissé aller des relations qui ne m’élevaient pas, j’ai laissé aller des obligations qui ne me nourrissaient pas, et j’ai laissé aller des rêves qui ne me correspondaient plus.
Et toi, comment pourrais-tu choisir moins mais mieux dans ta vie en fonction de tes valeurs de coeur?
- Dans tes relations?
- Dans tes rêves?
- Dans tes obligations familiales?
- Dans tes activités sociales?
- Dans tes projets créatifs?
- Dans ta routine?

Revenir à l’essentiel et sa vraie nature
Revenir à l’essentiel, c’est revenir à ce qui nous rend vraiment heureuse. Ce qui nous permet de nous épanouir, ce qui nourrit notre créativité, ce qui respecte nos valeurs, ce qui nous anime de tout notre être. Revenir à la base, à qui on est comme femme sensible et consciente et bâtir sa vie à partir de là. De se prendre en considération en premier et tisser une existence qui respectera notre essence unique, notre différence, nos besoins, en pleine conscience.
C’est de focuser sur ces éléments qui supportent le plus notre bonheur et notre évolution. Par exemple, revenir à l’essentiel dans notre quête de réussite, de succès. De revenir à ce qui est intrinsèque à notre identité. Que désires-tu réellement accomplir? Est-ce que toutes les tâches qui garnissent présentement ta to-do liste sont vraiment représentatives de ce que tu veux vivre comme succès? De ce que TOI tu désires accomplir dans ta vie?
Revenir à l’essentiel, c’est revenir à toi. Et ça, c’est déjà un défi en soi dans un monde où on est pointé du doigt lorsqu’on prend trop de temps pour soi, où on se priorise. On se fait traiter d’égoiste quand on se passe en premier, alors que c’est en se choisissant d’abord qu’on peut être de meilleures personnes pour les autres.
C’est en mettant son masque en premier qu’on peut aider les autres à le faire également. Se prioriser n’est pas un acte de femme égoïste, c’est un acte de femme qui se choisit. C’est un acte d’amour de soi.
Alors pour chérir davantage cette idée de revenir à l’essentiel pour toi, je te suggère de te tourner vers tes non-négociables :
- Qu’est-ce qui pour pour toi est essentiel à ton bonheur dans une journée?
- Que fais-tu chaque jour ou chaque semaine qui cultivent ton sentiment de bien-être et d’épanouissement?
Ce sont eux, tes non-négociables.

Ce sont ces petits plaisirs simples qui te nourrissent jour après jour et qui représentent ton essentiel. Ces petites actions que tu fais pour toi, pour te respecter et t’honorer dans ton essence, sans peut-être même les remarquer.
Par exemple, pour moi, ce sont des petits moments quotidiens que je répète jour après jour pour cultiver mon sentiment de bonheur personnel et pour ancrer la version de moi que je désire devenir.
- Marcher dès mon lever (avant même de regarder mon cellulaire) avec mon chien dans la forêt.
- Coucher Astride (mon cochon miniature) tous les soirs dans son lit.
- Me cuisiner des bons repas simples et végé pour cultiver ma valeur de la santé.
- Lire un texte inspirant (un livre ou un article de blogue) avant mon dodo pour nourrir ma créativité.
- Énoncer 3 gratitudes à travers ma journée pour nourrir mon sentiment de reconnaissance.
- Travailler avec une bougie allumée pour me faire plaisir.
- M’offrir une pause dîner avec une de mes émissions de filles du moment pour me permettre de souffler un peu tous les jours.
Et si tu rédigeais ta propre liste de non-négociables actuelle?
Oh et sache qu’elle évoluera au fil de ta propre évolution. Elle s’ajustera selon tes besoins du moment, le temps que tu as pour nourrir ces petits plaisirs et ton énergie. L’important, ce n’est pas la liste, c’est l’action. C’est de te rappeler de le faire de plus en plus pour cultiver ce sentiment de revenir à l’essentiel dans ta propre existence et de nourrir ce qui est important pour toi.
Trier et laisser aller
J’ai appris à la dure qu’on ne peut pas tout avoir. Ou bien, on peut, mais on devra sacrifier une bonne part de paix intérieure, de relations et de douceur dans sa vie. Personnellement, vivre ainsi, à constamment courir vers de nouveaux rêves et de nouveaux objectifs, ce n’est pas aligné à ma version du bonheur.
Je l’ai fait pendant les sept dernières années de ma vie et j’ai réalisé tout récemment que je courais après un bonheur futuresque, invisible et inatteignable. Que je ne m’arrêtais jamais pour savourer l’instant présent et profiter de ma vie maintenant.
Je courais vers une vie future, meilleure, plus belle, plus riche, plus épanouissante, plus grandiose, sans même réaliser que la vie que je vivais déjà était merveilleuse. Qu’elle était déjà ce qu’un jour j’avais rêvé qu’elle devienne.
Depuis, j’ai appris à trier les rêves que je chérissais et à laisser aller ceux qui ne correspondait plus à la vie que je désirais profondément. Ça en revient à reconnecter à l’essentiel pour soi. À choisir en conscience ce qui mérite ton attention, ton temps, ton énergie, ton argent, ton écoute, ta présence, ta vie au final.

Parce qu’en continuant de courir délibérément vers toujours plus de rêves et d’objectifs, on perd de vue la vie qu’on a déjà. On perd de vue les rêves et les désirs qui sont réellement les nôtres. On s’ensevelit sous une tonne d’obligations, de tâches et d’objectifs sans même réaliser que le bonheur qu’on désire réellement, celui qu’on pourchasse indéfiniment, en fait il est caché en nous.
Il n’est pas à la ligne d’arrivée qu’on s’est imaginé être à la fin de cette chasse interminable. Il n’est pas à l’atteinte du prochain objectif. Il n’est même pas de l’autre côté de cette promotion.
Il est ici, aujourd’hui, maintenant. Il n’est pas une destination ou une case à cocher, il est une façon de voir sa vie. Il est un état d’esprit et une habitude à cultiver.
Il se trouve à l’intérieur, et jamais à l’extérieur.
Il se trouve également très souvent dans les plus petits moments de notre vie. Les petits plaisirs du quotidien qu’on oublie d’observer, les petites marques d’amour qu’on oublie d’apprécier, les petites surprises qu’on oublie de remarquer.
Alors plutôt que de courir constamment vers le prochain rêve ou le prochain objectif, il peut être sage de s’arrêter le temps d’une soirée et de faire le tri. De choisir, en conscience ce qu’on désire réellement poursuivre, et ce à quoi on désire donner notre temps, notre énergie et notre présence.
La société nous montre qu’on peut tout vivre, tout voir, tout essayer, tout découvrir, alors que c’est faux. Ce n’est pas parce qu’on a accès à tout via les internet qu’on peut humainement parlant poursuivre tous ces rêves. En suivant cette idée, on se promet une vie d’insatisfaction constante et d’éternelle comparaison. Une vie bien loin du bonheur tant désiré.
Laisser aller les rêves qu’on a un jour chéri peut nous aider à nous libérer de ce qui ne nous sert plus afin de faire la place pour ce qui supporte la femme consciente qu’on est et qu’on désire devenir davantage. Ces rêves ne font que nous rappeler une version de nous du passé qui n’est plus, qui ne fait que nous faire souffrir plutôt que de nous permettre d’évoluer et d’embrasser un nouveau chapitre de notre vie.
Personnellement, j’ai longtemps chéri le rêve de convertir un bus scolaire en mini-maison et de partir vivre sur la route avec ma famille. Étant une femme passionnée et engagée vers ses rêves, je l’ai fait. On a acheté le bus, on l’a convertit pendant 3 ans, mais on n’est jamais parti. Pour mille et une raisons, ce n’était pas ce qui devait se passer.
J’en ai souffert pendant plus d’un an. J’ai vécu un deuil, j’ai dû accepter de laisser aller le plus grand rêve que j’avais chéri jusqu’à présent dans ma vie pour retrouver ma paix intérieure, revenir à moi et aller de l’avant. Aujourd’hui, je choisis en conscience les rêves que je poursuis afin qu’ils soient cohérents avec mon identité, mes valeurs, mon énergie et mes convictions. Et je dois avouer que ma liste est beaucoup plus légère qu’avant!

Et si tu faisais l’exercice de ton côté?
Je t’invite à noter tous les rêves que tu chéris présentement pour ta vie, autant les grands que les petits. Prends une feuille blanche et note-les tous sans filtre. Tout ce qui t’interpelle, tout ce que tu rêves de vivre, de voir, de faire, de découvrir, les endroits dans le monde que tu désires explorer. Note TOUT.
Ensuite, en conscience, revisite-les à travers le filtre de ton essence.
Quels rêves sont réellement alignés avec la femme que tu veux devenir? Avec l’énergie dont tu disposes, tes valeurs, tes convictions, avec tout ce que ça demande de réaliser ce rêve en particulier.
Parce que ce n’est pas simplement de cocher un rêve, c’est de le préparer, de l’organiser, de travailler vers sa réalisation. C’est beaucoup plus demandant qu’on peut l’imaginer.
Par exemple, écrire un livre, ce n’est pas seulement écrire un livre. Un quantité astronomique de tâches, de temps, de recherches, de doutes, de peurs, de remises en questions, d’énergie, d’espace sont requis pour réaliser ce rêve et accomplir cet objectif. C’est pourquoi c’est si important de prendre tout en considération lorsque vient le temps de trier ses rêves de vie. Parce que non, on ne peut pas tout avoir. Et c’est une très bonne chose.
Accepter sa vie aujourd’hui
Un autre principe de la vie en slow qui a été mentionné plus haut et qu’encore une fois, j’ai appris à la dure, c’est d’accepter sa vie aujourd’hui. Telle qu’elle est. De la voir pour tout ce qu’elle est déjà, même si on n’est pas satisfaite de notre corps, même si on n’a pas la santé qu’on voudrait, même si notre relation de couple n’est pas parfaite, même si on se sent seule, même si on n’a pas la job de nos rêves.
Premièrement, notre vie ne sera jamais parfaite. Et non, c’est une fausse promesse. Bien qu’elle peut être grandement satisfaisante et épanouissante, elle ne sera jamais sans défi, sans pleur, sans peur, sans contrainte. Parce que c’est ça la vie. Une vie sans pli et sans douleur ça n’existe pas. La souffrance fait partie intégrante de l’existence humaine.
Une vie heureuse et épanouissante n’est pas une vie sans douleur et sans peur, c’est une vie où on accepte la douleur et la peur et qu’on continue d’avancer malgré elles. C’est une vie consciente où on choisit ce sur quoi mettre notre attention et notre focus pour évoluer et améliorer constamment notre existence, tout en acceptant la situation dans laquelle on est.
Notre vie est la seule qu’on aura jamais. Elle changera, elle évoluera, mais seulement à notre propre rythme. Seulement si nous, on évolue à travers elle. Seulement si nous on fait des choix conscients qui cultivent la vie qu’on désire. Seulement si nous on avance avec courage vers nos rêves (triés et réalignés).
Notre vie restera essentiellement la même, à moins de créer de grands changements qui chamboulent tout, ce qui est parfois nécessaire pour se retrouver et se rebâtir à partir de sa vraie nature. Mais sinon, notre vie de demain sera essentiellement la même que notre vie d’aujourd’hui.

Alors pourquoi continuellement courir après une vie imaginaire qui est à mille lieux de la vie qu’on a déjà maintenant? Encore ici, c’est de nourrir une constante insatisfaction envers sa propre vie. Et ainsi de nourrir une constante déception envers la personne qu’on est.
Parce que vivre ainsi cultive le sentiment intérieur que »je suis incapable », »je ne suis pas assez ». Et ainsi, affecte négativement notre estime personnelle et notre confiance en nos capacités, ce qui peut se réfléter dans toutes les sphères de notre vie.
Accepter sa vie présente, aussi imparfaite soit-elle, permet de ressentir un sentiment de paix intérieure et d’être bien avec soi. D’être assez bien maintenant pour continuer de cheminer vers une vie qui nous ressemble de plus en plus et qui s’aligne toujours plus vers nos vraies valeurs et convictions.
Créer des systèmes qui supportent notre désir de ralentir
Une façon que j’ai trouvé pour retrouver du temps dans mes journées (et mes semaines) à travers mes années d’expérimentation de la vie slow est l’organisation en systèmes. Ça peut sembler très masculin et rigide comme façon de faire, alors laisse-moi t’expliquer plus en détails.
J’ai la chance de vivre avec un homme qui trippe sur l’optimisation de TOUT dans notre vie. Dans chaque tâche, chaque tiroir, chaque activité, il cherche une façon d’améliorer son efficacité. Bien que ça peut me tapper sur le système par moments, je dois avouer que cette façon de faire a grandement contribué à améliorer nos pratiques, notre gestion du temps et notre vie en général.
À le voir aller, j’ai aussi développé cet amour pour les systèmes efficaces qui me sauvent du temps que j’aurais utilisé autrement. Les systèmes sont en fait des habitudes répétées longuement qui sont devenus des processus automatiques qui nous permettent d’accomplir une tâche plus facilement, en moins de temps, en utilisant moins de charge mentale. C’est d’aligner sa vie à son énergie et son désir de ralentir.
Pour te donner un exemple concret, regardons les menus de semaine. Pour moi ça a toujours été un casse-tête de savoir quoi manger durant la semaine. Étant une femme qui aime la diversité et la nouveauté, je n’étais pas fan des plats réchauffés et des grandes batch en cuisine. Mais à force de vivre de l’insatisfaction parce que je devais continuellement recommencer à zéro chaque semaine en refaisant un menu, une liste d’épicerie, varier les recettes, etc. j’ai décidé de me créer un système qui allait m’aider à faciliter cette tâche.
Je me suis donc créé un répertoire de recettes que j’aime ou que j’ai envie de découvrir, selon les saisons et donc les récoltes locales, et je constitue mon menu de 4 semaines à partir de ces recettes. De plus, j’ai accepté de prioriser ma valeur de présence et de famille au-delà de ma valeur de la diversité pour me faciliter la vie et la tâche des repas. J’accepte de déjeuner la même chose 3 jours de suite parce que je sais que ça rend mon processus plus doux et plus léger pour moi, et ça me donne plus de temps pour mes projets créatifs et mes relations.
Même si avant je n’aurais jamais pu imaginer cela, moi qui devait constamment découvrir de nouvelles recettes et varier mes repas. Mais j’ai appris que les systèmes qui facilitent ma vie et mes choix sont plus payants à long terme que mes désirs immédiats.

Un autre exemple avec le pickle ball mentionné plus haut, j’ai choisi consciemment d’organiser ma semaine en fonction de cette soirée que je m’offre. Je crée le menu en conséquence, je libère ma soirée pour me permettre de sortir sans stresser sur le reste, j’ajuste mes priorités en fonction de cette activité.
Un dernier exemple qui peut t’inspirer est ma façon d’organiser mes journées. Étant travailleure à la maison, je peux ajuster mon horaire selon mes besoins. Et comme je me connais de mieux en mieux, je sais que mon énergie créative est présente le matin. J’ai donc adapté mon horaire de façon à ce que je puisse créer dès mon lever, au petit matin. Les tâches qui sont sur ma liste attendent en après-midi pour me laisser l’espace de créer librement sans me sentir submergée par le reste, et pour m’offrir cette capacité mentale au moment où elle est à son maximum.
Même chose pour le ménage de la maison, plutôt que de prendre une journée du weekend qui est si précieuse pour le faire, je le divise en petites tâches à travers la semaine. Ça me donne l’impression de continuellement avancer dans mes tâches, tout en étant plus léger et en m’offrant la fin de semaine pour réellement décrocher et prioriser les activités qui nourrissent mon bonheur. Par exemple, je fais mon lavage les mercredis, j’arrose mes plantes le jeudi et je nettoie la salle de bain le vendredi.
Ce sont tous des exemples personnels, tu en fais ce que tu veux, mais je désirais te les partager pour t’inspirer dans ta propre pratique. Parce que vivre en slow, ce n’est pas seulement ralentir le rythme de notre vie, c’est aussi se créer des façons d’améliorer nos pratiques afin de les rendre plus douces, plus durables et plus légères. De modeler sa vie entière autour de cette idée de douceur, de conscience et de retour à l’essentiel.
Idées en vracs :
- Organisation des armoires et espaces de rangement : chaque chose a sa place, c’est donc plus léger de ranger ce qu’on sort, on sait où tout doit se replacer, moins de charge mentale
- Organisation de ta journée selon ton énergie (je suis une fille davantage énergique le matin, donc je priorise les tâches importantes en avant-midi pour me laisser l’espace pour ralentir en fin de journée et en soirée)
- Organisation de tes vêtements : moins mais mieux, moins de charge mentale à devoir choisir comment t’habiller tous les matins
- Organisation de tes mois : en alignement avec les saisons, les tâches du jardins et de l’extérieur de la maison qui reviennent annuellement, les fêtes et rassemblements qui reviennent mensuelle que tu peux prévoir à l’avance
- Organisation de ta liste d’épicerie et de tes menus : te créer une liste d’épicerie de base et la réajuster chaque semaine plutôt que la recommencer chaque fois, même chose pour tes inspirations menu
Alors au regard de ces partages, quels systèmes aimerais-tu mettre en place afin de te libérer du temps précieux?
- Dans ta cuisine?
- Dans ton organisation quotidienne?
- Dans ton ménage?
- Dans ton travail créatif?
Dernières réflexions
Au final, tout revient à mettre plus de conscience dans nos choix du quotidien. Que tu désires vivre slow, végé ou en saisons, le choix t’appartient. Ce qui est certain, c’est que d’apprendre à ajouter une touche de conscience dans tes choix du quotidien te guidera vers le bonheur durable. Vers une vie plus présente, plus douce, plus légère, plus satisfaisante et plus adaptée à ta réalité de femme sensible et consciente.
Une vie où tu te tourneras vers l’intérieur plutôt que l’extérieur pour faire tes choix, parce que tu retrouveras de plus en plus la confiance en tes ressentis, en tes valeurs et en toi. Tu sauras que tu possèdes ta propre vérité et que c’est en l’écoutant que tu trouveras le chemin vers ton bonheur, à ta façon. Un bonheur intérieur, plus lent, plus doux, plus durable.
Ralentir te permettra de te retrouver de plus en plus, jour après jour, et de bâtir une vie qui reflète tes valeurs et tes convictions. Une vie simple et merveilleuse dans toute son imperfection. Une vie où il fait bon vivre en conscience de toi et du monde qui t’entoure.
Joindre l’intention à l’action
Parce que je crois profondément au pouvoir de l’action pour ancrer des changements dans sa vie, je te propose quelques questions d’introspection pour t’aider à réfléchir à ta façon de vivre en slow :
- Est-ce que tu vis déjà en slow?
- Qu’est-ce qui t’attire dans l’idée de vivre slow?
- Quelles pratiques ou principes t’inspirent dans ce que tu viens de lire?
- Quel est ton plus gros obstacle à vivre en slow selon les principes présentés plus haut?
- Comment pourrais-tu prendre action dès aujourd’hui pour adapter ta réalité présente à la vie en slow? En pensées, cuisine, activités, décoration, rassemblements, énergie ou mouvement?
- As-tu cette habitude de courir constamment vers une vie meilleure? Plus belle, plus libre, plus épanouissante?
- Es-tu en paix avec ta vie présente, avec qui tu es aujourd’hui malgré toutes ses imperfections?
