Quand on a l’impression d’être différente dès notre plus jeune âge, on se sent naturellement attirée par des mouvements de pensées ou des idéologies qui sortent de la norme. On reste à l’affût des nouvelles idées, on teste les nouveautés, on tente de nouvelles façons de faire les choses dans notre vie. Devenir végane est ce qui m’a le plus transformée, à tous les niveaux. Dans cet article, je souhaite donc vous partager comment devenir végane m’a permis d’assumer ma différence et d’en faire ma plus grande force pour réinventer ma vie, à ma façon.
Quand être différente est une faiblesse
Sans surprise, je vous avoue que ça a toujours été mon cas. Je me suis sentie le petit mouton noir de la famille dès mon plus jeune âge. J’étais curieuse de tout ce qui sortait de l’ordinaire, je portais des jeans plus brillants, plus larges, plus colorés que les autres. Je cherchais à sortir du lot, à rayonner dans mon unicité. Je cherchais constamment à m’assumer dans ma différence, même si à l’époque, j’étais inconsciente de ce besoin inhérent à ma personnalité.
Et comme toute adolescente qui se sent un peu à l’écart, j’ai tenté de repousser ces envies qui sortaient des normes, j’ai tenté de devenir normale et de fitter dans le club. Je me suis donc mise de côté pendant plusieurs années pour être comme les autres et bien sûr, pour être aimée. Non pas telle que j’étais, mais comme celle que je prétendais être.
J’ai vécu comme ça jusqu’à mes 25 ans. Jusqu’au jour où j’ai eu une raison plus grande que moi pour enfin faire un choix qui allait complètement chambouler mon existence : adopter un cochon miniature.
Un choix qui semble anodin et bien ordinaire pour certaines d’entre vous, mais qui a fait bien des vagues dans mon entourage! Certains de nos proches nous ont grandement jugé d’avoir fait ce choix, certains nous ont même reniés. Alors que pour moi, c’était clair que c’était ce que je devais faire, j’avais chéri ce rêve depuis mes 18 ans et là je passais enfin à l’action pour le réaliser.
Et comme vous vous en doutez, adopter Astride a été LA décision qui a complètement révolutionné mon existence toute entière, jusqu’à mon identité de femme et d’humaine ici sur Terre.

Devenir végane pour les cochons
Vivre avec un cochon est une expérience extraordinaire, pas toujours facile mais qui nous pousse à changer notre regard sur les animaux. Et c’est ce qui est arrivé pour nous. Avec Astride dans nos vies, on n’a plus eu le choix de voir la réalité en face et de reconnaître qu’un cochon était aussi intelligent, sinon plus, qu’un chien. Et je n’écris pas ça dans le but de réduire les chiens, au contraire, mais seulement pour les ramener à égalité. On est tant habitué de reléguer les cochons au dernier rang et de les juger pour leur manque d’intelligence, de sensibilité, de conscience, alors que c’est totalement faux.
Les cochons sont des êtres extrêmement sensibles, intelligents, émotifs, qui apprennent rapidement, qui vivent leurs différentes humeurs comme des enfants et qui cherchent constamment un moyen d’arriver à leurs fins. Ils sont seulement incompris et mis de côté parce qu’on les a qualifié un jour d’animal de ferme et ainsi, de produit servant la consommation humaine.
Une fois qu’on comprend que les cochons sont des êtres conscients et si sensibles, il devient inimaginable de les exploiter pour nos désirs d’humains. Il devient inimaginable de leur causer tant de souffrance. Il devient inimaginable de continuer d’agir comme on le fait actuellement dans le monde.

La souffrance comme moteur de changement
Conscientiser tout cela a été un choc pour moi, je ne vous le cacherai pas. Ça a été des années de colère, de haine et de désespoir face à la race humaine. J’en voulais tellement aux autres de continuer à encourager de telles pratiques envers des animaux si sensibles et gentils. Je me suis enfermée dans ma souffrance et j’ai voulu disparaître. J’ai créé ce blogue, cet espace pour partager mon expérience en tant que végane vivant avec un cochon parce que je me devais de faire quelque chose. Je ne pouvais pas m’imaginer rester là les bras croisés alors que j’étais consciente de la réalité cachée derrière un tranche de bacon.
Et j’en ai mis du temps avant de comprendre que ce n’était pas en alimentant cette rage et cette colère que j’allais faire la plus grande différence pour eux, que j’allais aider leur cause et aider à changer les choses.
Non, quand on vit une aussi grande souffrance, on pense souvent que la seule réponse est la haine, la colère et le désespoir. On se referme sur soi et on s’éloigne de tous ceux et celles qui contribuent à alimenter cette souffrance.
Si tu vis ce genre de souffrance, je te vois, je te comprends et je te supporte là-dedans. Tu n’es pas seule.
L’acceptation comme outil de guérison
Ce que j’essaie de partager à travers ce texte, c’est que le chemin vers l’acceptation est la seule voie possible pour retrouver un sens à sa vie et ressentir à nouveau de la joie malgré la souffrance inhérente à notre existence. Accepter ce qui se passe est la seule façon de retrouver la paix. Parce qu’on ne peut pas faire autrement. Sans acceptation, on reste dans la haine, on nourrit la colère et on devient apathique. Et lorsqu’on est apathique, on perd espoir et on cesse de vouloir contribuer. On cesse de vouloir changer les choses, on cesse de vouloir faire notre part, on cesse d’essayer.
Et ça, ça signifie la fin du changement.
Toutefois, accepter ne signifie pas approuver. Au contraire, on accepte la situation, mais on la désapprouve totalement et complètement. C’est ainsi qu’on retrouve notre pouvoir sur la situation, sur notre capacité à changer les choses et à faire notre part.
On se doit d’accepter pour avancer.
On se doit d’accepter pour guérir.
On se doit d’accepter pour aider.
On se doit de transformer cette grande souffrance en moteur de changement. Pour notre propre bien-être et pour celle des animaux et de la planète.
Peu importe la souffrance que tu vis, qu’elle soit liée aux animaux, à la planète, aux ressources, aux humains, elle est valide. Elle est légitime et tu as le droit de la ressentir. Tu as le droit de l’accueillir. Et surtout, tu as le droit de la laisser devenir une part identitaire de toi.
Sans Astride, je n’aurais jamais autant souffert, je l’avoue.
Mais sans Astride, je n’aurais non plus jamais autant vécu.
Souffrir m’a ouvert à la vie.
Souffrir a donné un but à mon existence.
Souffrir m’a aidée à voir plus loin que mon nombril et enfin me dévouer à une cause plus grande que moi.
Souffrir m’a enfin permis de reconnaître ma différence pour ce qu’elle était réellement : ma plus grande force. Et non plus une faiblesse à corriger, mais bien une force à exploiter.
Une force de changement pour faire la différence que je désirais voir dans le monde.
Une force de changement pour transformer ma réalité et la réaligner selon mes valeurs et mes convictions.
Une force de changement pour complètement changer ma vie pour qu’elle témoigne de mon message et de ma mission : vivre en causant le moins de souffrance possible.
Elle m’a donné une raison de vivre et de me lever tous les matins.
Quand je regarde tout le chemin parcouru, je vois combien ce sentiment d’être différente, d’être ici pour quelque chose d’autre que la vie qu’on se fait proposer était en fait mon phare. Celui qui me guidait vers ma propre voie, vers cette certitude que la vie ne se résumait pas à ce qu’on entend : métro, boulot, dodo. Cette petite voix qui me murmurait que plus était possible.
Et ce plus, c’était de continuer à croire en ma différence, en cette certitude qu’autre chose était possible. J’étais simplement inconsciente de ce que cette »autre » chose était. Et maintenant, tout fait du sens. Et je me remercie d’avoir osé persévérer vers cette idée, d’avoir osé suivre cette petite voix et de vivre maintenant une vie qui est mienne, et non plus celle que les autres m’ont dictée.

Devenir une femme qui s’assume dans sa différence
Grâce à ces changements, et beaucoup de pleurs, de réalisations, de pertes, de découvertes, de nouveaux commencements, de déceptions, je peux aujourd’hui affirmer que je suis heureuse à nouveau.
Que je suis la femme que j’aimerais voir de plus en plus dans le monde.
Une femme ancrée dans ses valeurs et ses convictions, une femme connectée à la nature et à son identité propre, une femme qui sait pourquoi elle est ici, une femme qui incarne le changement qu’elle désire voir dans le monde.
Une femme qui s’est complètement réinventée suite à la plus grande souffrance de sa vie.
Une femme qui a transformé cette souffrance en force et qui assume maintenant sa différence haut et fort, et qui en est fière.
Une femme qui vit sa vie de façon à ce qu’elle témoigne de son message et qu’elle aide les autres à le faire également.
Aujourd’hui, je vis ma vie avec mon cochon, en pleine forêt, sans me soucier des quand dira-t-on, sans me soucier des jugements, des critiques ou des regards.
Aujourd’hui, j’assume pleinement et entièrement qui je suis dans ma différence et je l’honore pleinement pour me guider sur mon chemin.
Et aujourd’hui, j’aide les femmes qui souffrent de leur différence à la transformer en force et en faire leur plus grand moteur de changement. Pour elles, et pour le monde.
Parce que je sais combien ça peut être difficile de continuer à nourrir l’espoir quand on est dans la noirceur.
Parce que je sais comment la vie peut sembler vide de sens quand on ne sait plus en quoi croire.
Parce que je sais que le chemin vers un bonheur plus durable peut sembler inaccessible quand on a perdu le cap.
Mais je tiens à te rassurer, retrouver la lumière est possible.
Et c’est en marchant son propre chemin vers le changement que le bonheur redevient accessible, que la lumière remplace tranquillement la noirceur et qu’on retrouve un sens à sa vie.
Quand on se rappelle que notre seule façon d’avancer, c’est de le faire en faisant une différence.
Chacune à notre façon.
Chacune à notre échelle.
Chacune à notre image.
Et que c’est en incarnant ce changement qu’on désire tant voir dans le monde qu’on guérira et qu’on retrouvera le chemin vers le bonheur durable. Et qu’on se sentira enfin soi, et fière de contribuer à créer un monde plus compatissant, bienveillant et plus respectueux.
Ensemble, on peut faire la différence.
Réflexions finales
Alors que tu sois ici pour t’inspirer à cuisiner plus végé, ou tu désires devenir végane, ou encore tu es curieuse de savoir comment plus t’assumer dans ta différence, je tiens à te rappeler que tu as ta place ici. Oui ici sur le blogue, mais surtout, dans la vie, sur Terre, parmi nous. Se sentir différente et sentir qu’on ne rentre pas dans le moule peut nous amener à douter de notre place dans une société qui valorise la conformité. Mais je tiens à te rappeler que ta différence, est en fait ta plus grande force, que tu l’assumes ou non.
Tu es ici pour une raison bien à toi, et les choix conscients que tu fais au quotidien sont importants et contribuent à créer un changement positif pour tous. Alors continue d’être curieuse et continue d’être de plus en plus toi, dans ta différence.
p.s. Si tu ressens l’appel d’être accompagnée sur ce chemin, écris-moi au stephanie@uneboucheedevie.com
